🍿 CinĂ©ma : PlacĂ©s, un film de Nessim Chikhaoui

DerniĂšre mise Ă  jour : 26 oct.

« Ce ne sont pas des petits à problÚmes mais des petits avec des problÚmes »


Parce qu'il a oubliĂ© sa carte d'identitĂ©, Elias ne peut passer les Ă©preuves du concours d'entrĂ©e Ă  Sciences Po. À la recherche d'un job en attendant de pouvoir se prĂ©senter Ă  nouveau, il devient Ă©ducateur dans une Maison d'Enfants Ă  CaractĂšre Social. ConfrontĂ© Ă  un milieu dont il ignore le fonctionnement, Elias ne sait pas encore Ă  quel point cette expĂ©rience va changer sa vie.


Si vous cherchez Ă  dĂ©couvrir le monde de la Protection de l’Enfance Ă  travers un angle cinĂ©matographique, alors ce film est probablement un bon dĂ©but pour explorer le sujet. Le film rĂ©cent PlacĂ©s, rĂ©alisĂ© par Nessim Chikhaoui et sorti en janvier 2022, prend le parti d’une rĂ©alisation et d’un scĂ©nario simples. En effet, on trouve une volontĂ© de montrer une image plus lĂ©gĂšre de la Protection de l’Enfance face Ă  la multiplication des films sombres et lourds, parfois accusateurs de ce systĂšme (des films qui nous traiterons aussi dans cette rubrique, tous portant un regard diffĂ©rent et intĂ©ressant sur le domaine). Il parle donc de cette rĂ©alitĂ© de maniĂšre plus lĂ©gĂšre, sans ĂȘtre « plombant » et on retrouve un ton de comĂ©die agrĂ©able. Cela peut aussi s’expliquer par le fait que Nessim Chikhaoui Ă©tait le co-scĂ©nariste des Tuches, il fait savoir dans plusieurs interviews sa volontĂ© de mettre de l’humour dans tout le film, ayant Ă©tĂ© lui-mĂȘme bercĂ© par les comĂ©dies françaises les plus cĂ©lĂšbres.

Cependant, ce n’est pas qu’un regard lĂ©ger que nous donne le rĂ©alisateur sur le sujet, c’est aussi un Ɠil prĂ©cis, centrĂ© sur l’expĂ©rience de l’éducateur, Elias, mais dont les enfants sont l’enjeu : on retrouve beaucoup de cas diffĂ©rents et chacun Ă  son intĂ©rĂȘt pour illustrer et donner forme Ă  une facette de l’Aide Ă  l’Enfance centrĂ©e sur les MECS (Maisons d’Enfants Ă  CaractĂšre Social). Il met en scĂšne les difficultĂ©s et les dĂ©fauts du systĂšme avec le manque de budget ou la « sortie sĂšche » des MECS. Ce regard est d’autant plus intĂ©ressant que le rĂ©alisateur a lui-mĂȘme a travaillĂ© pendant 10 ans comme Ă©ducateur spĂ©cialisĂ© dans des foyers de protection pour enfants. Il explique dans une interview : « J’avais envie de montrer qu’il peut y avoir aussi de la vie, de la joie, de la bonne humeur, sans pour autant occulter les moments difficiles. C’est sĂ»rement pour cela que, pour moi, ces 10 annĂ©es passĂ©es auprĂšs des jeunes sont – et cette expression avait beaucoup plu Ă  mon producteur - les plus belles annĂ©es de ma vie ». Il enveloppe donc les personnages, Ă©ducateurs comme enfants, d’un regard bienveillant. De ce film en ressort donc la tendresse : on se retrouve rempli d’affection pour chacune des histoires, des identitĂ©s et des vies qui se jouent.

Un film qui est donc Ă  voir pour sa simplicitĂ© et sa tendresse. Pour son humilitĂ© dans la reprĂ©sentation : on ne cherche pas le scandale ou l’esthĂ©tique cinĂ©matographique Ă©poustouflante. C’est une histoire Ă  raconter, une perception sur un milieu souvent oubliĂ© ou prĂ©sentĂ© sous une mauvaise lumiĂšre dans les mĂ©dias. Le rĂ©alisateur assume sa volontĂ© de faire un film grand public pour toucher plus de gens, et si possible transformer la vision « un peu misĂ©rabiliste des enfants placĂ©s » dans les esprits.


Bande annonce


Bande-son : Placés (clip officiel)


Anne BESSE