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Le métier d’éducateur : la vision de Nelly

Avant de ne devenir éducatrice au sein de l’Association départementale d'Entraide des Personnes Accueillies en Protection de l'Enfance du Var (ADEPAPE 83), Nelly a commencé en 2000 en tant que bénévole dans cette même association. Progressivement, elle est devenue secrétaire et animatrice sociale. Désormais, elle s’est formée au métier d’éducateur et l’exerce avec enthousiasme tout en étant responsable du pôle social.


Aujourd’hui, c’est avec une passion certaine qu’elle nous raconte sa vision du métier au sein d’une association, telle l’ADEPAPE.



Quelques différences avec l’éducateur du département


Être éducateur pour une association n’est pas la même chose qu’être un éducateur du département. En effet, Nelly le rappelle avant d’aller plus loin.


Mais alors quelles différences peut-il y avoir ?


Tout d’abord, une plus grande souplesse existe dans l’organisation du temps de travail. Il est vrai qu’il lui arrive régulièrement de travailler un peu plus que prévu, mais elle n’y accorde que peu d’importance. De plus, un éducateur en association peut moduler son emploi du temps et a, de surcroit, moins de contraintes horaires. Mais bon, quand on aime on ne compte pas, n’est-ce pas ?


Autre différence notable que Nelly apprécie tout particulièrement : moins de règles précises, moins d’exigence. Et oui, une plus grande flexibilité est possible. L’aspect qu’elle aime bien reste l’appui qu’elle peut avoir sur les bénévoles et le fait d’avoir moins de jeunes à sa charge, ce qui signifie alors une plus grande disponibilité pour eux.


À première vue, il y a certes moins d’exigence, mais le travail n’en est pas moins demandeur. En effet, l’ennui n’est absolument pas de la partie, bien au contraire ! Pourquoi ? L’éducateur en association est polyvalent et se voit confier de nombreuses tâches qui le sortira d’une routine que peuvent connaître certaines professions.


Une chose est pourtant sûre, les deux approches de ce métier sont différentes, mais toutes deux sont des professions de passion partageant des valeurs communes.



Des qualités essentielles


Selon Nelly, les valeurs du métier sont propres à chacun. Toutefois, l’éducateur doit posséder des qualités indispensables qu’il ne devrait pas laisser de côté.


Certaines coulent de source : être ouvert et à l’écoute par exemple. Tout comme, il est aussi évident qu’un éducateur puisse savoir maîtriser ses émotions et donc éviter de se braquer. Les jeunes sont des êtres humains comme tout le monde et doivent être considérés comme tels.


En revanche, ce qui va moins de soi est le pourquoi. Pour Nelly, la valeur fondamentale pour être éducateur, la qualité intrinsèque requise même est le fait de ne pas oublier pourquoi c’est ce métier là qu’on exerce. En effet, « on est là pour les aider et les soutenir dans leur projet. Leur intérêt, leur avenir et leurs besoins priment avant tout le reste, et ce peu importe le chemin qu’ils choisiront », livre-t-elle. L’éducateur ne doit donc pas être égoïste ; il exerce pour l’enfant et le jeune qu’il accompagne, pas pour lui.


Être là pour les autres est essentiel, et c'est ce qui donne un sens aux missions, au travail. Car comment aider quelqu’un si on n’aime pas ce que l’on fait ?


Un métier qui a du sens


Nelly aime son métier, elle est passionnée et n’en regrette pas un jour, pas un moment. Bien entendu, durant son parcours, elle a pu vivre toutes sortes d’expériences, des positives comme des négatives. Pourtant, même si cela fait partie de son travail, les expériences positives surpassent les négatives.


« Une expérience positive et négative ? » reprend-elle. Elle réfléchie et décide alors de nous livrer un soupçon de son quotidien, en n’oubliant pas de nous transmettre un peu de sa passion.


La première est positive. Nelly retrouve par hasard une jeune qu’elle a perdu de vue, maintenant maman. Toutes deux rattrapent le temps perdu jusqu’à ce que la jeune mère prenne un air paniqué : son examen théorique en mathématiques, indispensable pour obtenir le CAP pâtisserie, est dans quelques jours et elle n’a même pas de calculatrice. C’est alors que les deux femmes partent en acheter une. Puis, la joie a remplacé la panique. Nelly a appris qu’elle a validé ses matières générales et a obtenu une excellente note en mathématiques, matière qu’elle redoutait plus que tout. Et c’est à ce moment que Nelly exprime de la gratitude pour son beau métier. En effet, d’une certaine manière elle contribue au destin des autres personnes et les aide à trouver leur voie.


La seconde est plus mitigée, marquante même. Alors qu’elle exerçait à ses débuts en tant que animatrice, Nelly rencontre un jeune homme qui a connu des jours bien meilleurs. L’ADEPAPE et elle ont alors essayé de l’aider au maximum, il venait régulièrement aux divers rendez-vous et semblait investi. Or, du jour au lendemain, il ne s’est plus présenté et a comme disparu. Cette perte de contact soudaine a suscité de nombreuses questions pour Nelly, une certaine frustration, voire une petite colère à cause d’un manque de reconnaissance. Il est certain que le travail ne sera pas toujours facile, mais il est indispensable de prendre sur soi car « au final, les jeunes sont libres », confie-t-elle. Elle ajoute qu’elle a fait de son mieux et c’est le principal, c’est ce qu’il faut voir.


Pourquoi son travail a du sens ? Tout simplement car elle a été présente à un moment donné de l’existence d’une personne en besoin et, à l’instar des enfants, les jeunes doivent prendre leur envol, tourner la page. Peut-être réintègreront-t-ils le Conseil d’administration un jour comme certains le font, mais il faut les laisser s’envoler et en aucun cas être négatif et devenir aigri.


Parce qu’on aime notre métier, on fait tout pour retranscrire cette affection dans nos missions, et vous verrez tout cela ne sera que du positif.



Chloé Perrier

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