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🎅 Jour 11 : entretien avec Caroline Nisand, Directrice de la Protection Judiciaire de la jeunesse

Pourriez-vous présenter votre institution en quelques mots ?


“La protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) est une direction du ministère de la Justice spécialisée dans la protection des mineurs en situation de danger ou en conflit avec la loi. Chargée de « l’ensemble des questions intéressant la justice des mineurs et de la concertation entre les institutions intervenant à ce titre », la PJJ est constituée de services de milieu ouvert, d’insertion, d’établissements de placement, et intervient auprès des tribunaux et dans les établissements pénitentiaires accueillant des mineurs. Ces dispositifs sont destinés à accompagner et à protéger les mineurs dans un cadre judiciaire, c’est-à-dire sur décision de justice, lorsqu’ils sont en danger ou qu’ils ont commis une infraction. Le rôle de la PJJ est d’éduquer, de protéger, de garantir l’insertion sociale, scolaire et professionnelle des mineurs, et de lutter contre la récidive. Concrètement, elle intervient pour mieux comprendre la personnalité et la situation des mineurs, elle accompagne les mineurs et leurs parents dans la préparation des différentes audiences au tribunal et aide les magistrats à prendre les décisions adaptées (mesures éducatives ou peines). Elle est aussi chargée de mettre en œuvre ces décisions, en aidant le mineur à prendre conscience des faits et de leur gravité, à travailler son rapport à la loi, à l’aider le cas échéant en fonction de ses difficultés (vulnérabilités psychiques, difficultés relationnelles, carences éducatives ou affectives, etc), et à l’amener vers la réinsertion scolaire et professionnelle. En quelques chiffres, la PJJ c’est plus de 9 200 professionnels qui travaillent en interdisciplinarité (des éducateurs qui accompagnent le mineur et l’aident à s’insérer au sein de la société, des psychologues qui favorisent la prise en compte de la réalité psychique des mineurs confiés en plus de les aider à surmonter leurs difficultés, des assistants de service social, des infirmiers, des professeurs techniques, des adjoints administratifs, des directeurs…). Enfin et surtout, la PJJ prend en charge près de 131 516 jeunes sous mandat judiciaire pénal ou civil.”


En quoi consiste votre fonction ?


“En tant que directrice de la protection judiciaire de la jeunesse, j’assure la mise en œuvre des grandes orientations stratégiques de la PJJ En outre, il me revient d’assurer le maintien du dialogue constructif entre la PJJ et l’institution judiciaire à tous les niveaux de responsabilité, en assistance éducative comme au pénal. Mes services sont très régulièrement en contact avec les juridictions pour leur indiquer les axes stratégiques en matière de protection de l’enfance et, dans le sens inverse, pour être à l’écoute des besoins des professionnels de terrain. De même, je suis garante de l’engagement de la PJJ à améliorer l’accompagnement des enfants protégés et à l’application du plan national de lutte contre les violences faites aux enfants. De plus, je travaille au renforcement de notre implication dans le champ de la prévention de la délinquance via des actions ciblées en matière de lutte contre le harcèlement scolaire, de soutien à la parentalité et de prévention de la récidive des mineurs ancrés dans la délinquance. Je veille également à ce que l’accompagnement et les pratiques professionnelles continuent de s’adapter à l’aune de la nouvelle procédure pénale applicable aux mineurs issue du très récent code de la justice pénale des mineurs. Enfin, je termine cette revue non-exhaustive de mes missions en évoquant mon rôle de soutien et de porte-parole des professionnels de la PJJ qui se traduit par la valorisation de leurs initiatives auprès des jeunes, le développement de la formation en lien avec l’école nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ), la construction d’un dialogue social profond en multipliant les déplacements et les temps d’échange sur le terrain.”


En tout état de cause, l’ensemble de mes actions est guidé par un seul objectif : la recherche constante et résolue de l’intérêt des jeunes et de leur famille.

Pourquoi cette fonction aujourd’hui ? Et qu’est-ce qui vous motive dans cette fonction-là ?


“Mon parcours professionnel s’est fait en grande partie dans les services judiciaires. J’ai connu en tant que magistrat la situation des mineurs dont l’avenir était lourdement hypothéqué par la répétition d’actes de délinquance ou par leur exposition à des situations de danger. Or les professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse sont tous convaincus qu’il n’y a pas de déterminisme social, qu’il est possible de construire avec les jeunes qui leur sont confiés un projet de de vie pour les guider vers un avenir prometteur.”


C’est une belle mission, difficile, et j’ai souhaité mettre toute mon énergie à la rendre possible, en faisant en sorte d’obtenir pour cette institution, riche de son humanité, les moyens de son ambition.

Quelles sont les missions qui suscitent en vous le plus de fierté ?


“Il est impossible de choisir parmi toutes les missions de la PJJ, qui sont tout aussi fondamentales les unes que les autres. En revanche, les évènements tels que les manifestations nationales de la PJJ (Parcours du goût, Rêves de gosse etc) ou les séminaires professionnels de la protection de l’enfance qui permettent de rencontrer les jeunes de la PJJ et de mettre à l’honneur leurs parcours ou leurs talents (qu’ils soient culinaires, sportifs, artistiques etc) sont une source particulière de satisfaction : voir un jeune donner le meilleur de lui-même, mesurer le travail parcouru depuis le début de sa prise en charge et regagner par là-même un peu de confiance en soi, est extrêmement gratifiant pour tout professionnel. C’est le sens même de notre mission auprès de ces jeunes.”


Qu’aimeriez-vous dire aux enfants et jeunes aujourd’hui à l’approche de ces fêtes de fin d’année ?


Je leur souhaite de passer d’excellentes fêtes, entourés de leurs proches, en ayant conscience que certains vont rester éloignés de leur famille et qu’il est important pour tous ceux qui le peuvent de créer une chaîne de solidarité et de les accompagner en ces moments si symboliques.

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